“C” pour “choc”
21 octobre 2009 par Carl-Frédéric De CellesOn m’a demandé de résumer d’une façon bien personnelle le jour 1 de cette conférence Génération C. En un mot je résumerais le tout par « chocs ». Car il y en a eu plusieurs dans la journée. Pas ces chocs qui font un gros fracas, juste ces petits chocs qui multipliés remettent les choses en perspective.
Le choc du contexte d’abord parce que Génération C c’est avant tout un colloque formel, dans un grand centre des congrès, avec une logistique et un protocole propre à ce genre d’événement. Pourtant dès le début, on a marqué le ton avec l’improvisation. C’est ce choc du formel et de l’informel qui m’a marqué le plus en début de journée. Comme si une partie de l’audience était désorientée par le formalisme des discours et l’autre partie par cette jonglerie technomultitâche qu’impliquent l’écran et les commentaires en arrière-plan.
Le choc du discours, parce que comme un twitteux l’a déclaré « On applaudit les speechwriters », tous les mots clés sont là, dans la bouche des politiciens ils prennent leur importance politique, mais sont moins vrais « en discours » que ceux d’une Ministre, sortant de son texte, pour nous parler de son fils de 13 ans. Comme quoi la «génération», c’est beaucoup cette compréhension parent-enfant.
Le choc des perceptions, remises en question par Danah Boyd. Les jeunes ne se battent pas pour avoir le plus d’amis sur Facebook (c’est un sport d’adultes ça!), les jeunes ne s’intéressent pas à Twitter tant que ça (outre pour les vedettes). La joie d’avoir sur place une spécialiste, à la vision profonde du domaine, mais qui parle tout de même un peu vite!
Le choc des générations, puisque les résultats de l’étude et les prévisions des spectateurs ne sont pas nécessairement les mêmes. Tout autant que pour ces témoignages des jeunes qui ne comprennent pas trop pourquoi on cherche à les expliquer autant. Choc surtout parce qu’on se rend rapidement compte que d’un côté comme de l’autre, on fait beaucoup dans la présomption. À plusieurs niveaux les deux groupes auraient pourtant tant à apprendre les uns aux autres, et encore là, il faut se demander s’ils sont si différents.
Le choc de la peur, parce qu’au cours des ateliers, on l’aura bien vu, les mêmes éléments reviennent. Peur, incertitude et doute reprennent souvent le ton quand on parle de changement et de technologie en milieu de travail (recrutement, formation, rétention), dans le monde de l’éducation, de la citoyenneté et consommation. Les vieux ont peur pour les plus jeunes, les plus jeunes ont peur de la réaction des vieux.
Et finalement, le choc de la combinaison de tout ça, parce que c’est déstabilisant de voir des gens se réunir pendant deux jours pour parler d’un sujet aussi fascinant sous différents angles. Fascinant, parce que ça touche de près l’expérience personnelle des participants.
Bref, encore et toujours beaucoup à apprendre. D’où le souhait que le CEFRIO soit en mesure de diffuser tout ça à la grandeur de la population dans les mois à venir, question « d’entretenir » les conversations, et de combiner les chocs positivement pour qu’on se revoit l’an prochain ou dans deux ans pour un colloque de suivi!









