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Archive pour la catégorie ‘éducation’

L’action citoyenne perdue dans le cyberespace?

29 mars 2010 par Philippe Aubé

L’utilisation d’Internet par les jeunes de tous les niveaux scolaires a fait un bond surprenant au cours des dernières décennies. Cette croissance spectaculaire est attribuable à une série de facteurs; la connexion des écoles publiques à la Toile depuis 1999, l’accessibilité des outils informatiques à la maison, une connexion Internet de plus en plus rapide et l’avènement des téléphones mobiles intelligents et autres gadgets techno.

De nos jours, une proportion non négligeable des enfants, adolescents et jeunes adultes sont devenus de grands utilisateurs d’Internet. Le tiers des 12-24 ans y consacrent d’ailleurs plus de 20 heures par semaine. L’usage qu’ils en font est des plus diversifiés : recherche d’information pour usage personnel ou pour les travaux scolaires, envoi de courriels, visite de réseaux sociaux, téléchargement de vidéos et de musique, clavardage, transactions bancaires, etc. En bref,  plusieurs jeunes créent et collaborent sur le Web, mais la plupart d’entre eux s’en servent d’abord et avant tout pour communiquer.

Si on demandait aux jeunes comment Internet a changé leur vie,  fort est à parier qu’ils ne sauraient quoi répondre. À l’opposé des générations précédentes, Internet fait partie intégrante de leur vie quotidienne. Ils évoluent depuis leur enfance dans un milieu où la technologie est accessible et omniprésente. Mais pour eux, la ligne est-elle toujours claire entre le monde réel et le cyberespace?

Le cyberespace est devenu un espace social. C’est souvent à cet endroit que les jeunes se rendent pour socialiser et rester en contact. Bien entendu, les sites de réseautages offrent l’avantage de rassembler les gens de tous les horizons, de tous les intérêts. Des sites comme Facebook offrent également la possibilité à ses utilisateurs d’embrasser une cause, de créer une page et de recruter des participants engagés. Plusieurs le font, et le taux de réponse est parfois surprenant. Il est assurément facile de supporter une cause en cliquant simplement sur « oui, j’accepte ». Mais concrètement, sur le terrain, que se passe-t-il? Est-ce que cet engagement virtuel dépasse les limites d’Internet?

Avec des jeunes qui consacrent autant de temps au Web, nous sommes en droit de nous demander ce qu’il advient de leur implication sociale. Il semble que nous sommes maintenant loin des grands débats, des mouvements étudiants contestataires, de la désobéissance civile pour démontrer l’appui à une cause. Serions-nous tout simplement passés à une autre ère? L’avenir de l’implication sociale se trouve-t-elle sur la Toile? Même si les grands utilisateurs d’Internet demeurent les plus impliqués, force est de constater que la plupart des « C » ne donnent pas leur opinion sur les enjeux sociopolitiques, et ne font pas plus via le Web. Mais qu’en est-il de leurs aînés? Sont-ils un réel modèle d’implication sociale?

Quand vient le temps de passer aux urnes, la moitié des jeunes adultes (18 à 24 ans) ne votent pas chaque fois qu’ils en auraient l’occasion. Pourtant, ils avouent qu’ils le feraient volontiers si le bulletin de vote se trouvait à un simple clic. 72 % d’entre eux voteraient plus souvent s’ils pouvaient le faire en ligne. Avec un taux de participation général d’environ 60 % aux dernières élections provinciales, tout porte à croire que le vote électronique pourrait constituer une piste de solution intéressante pour favoriser l’électorat.

Les jeunes l’admettent; ils s’impliquent peu, ou pas. Dans une société moderne souvent qualifiée d’individualiste, l’implication sociale, bien que considérée comme importante, vient bien au bas de la liste des priorités pour certains. L’étude sur la génération C relève que plus de 50 % des 12 à 24 ans ne s’implique pas civiquement. Même si certains le font -par plaisir ou par obligation- il semble que les jeunes soient tout simplement moins enclins que leurs aînés à s’impliquer socialement. Pourtant, ils ont à leur portée une multitude d’outils qui leur permettraient de devenir des véritables  moteurs de transformations. Préfèreraient-ils carrément le rôle de spectateur à celui d’acteur?

Quelles adaptations seront-elles nécessaires pour transformer ces jeunes citoyens virtuels en personnes engagées dans leur milieu? Ou devons-nous simplement l’admettre; l’intérêt pour l’implication sociale augmente naturellement avec l’âge?

Aux jeunes, à vous la parole!

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La génération C : et l’éthique dans tout ça?

8 février 2010 par Philippe Aubé

L’enquête sur la génération C nous apprenait que pour la moitié (51 %) des jeunes de 12 à 24 ans, le téléchargement de films ou de musique sans payer est une activité « correcte » et ne soulève pas de questionnement sur l’éthique ou sur la propriété intellectuelle.

D’un autre côté, selon la même enquête, 95 % des jeunes mentionnent qu’Internet facilite la réalisation de travaux scolaires. Or, nous pouvons nous poser la question : est-ce qu’Internet facilite la réalisation de travaux en raison de l’abondance de ressources ou est-ce en raison de la facilité à copier-coller? Évidemment, il est beaucoup plus rapide de copier-coller un texte dans Internet que de recopier des textes provenant d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie papier. Il n’est d’ailleurs pas surprenant de trouver plusieurs sites Internet d’achat et de vente de travaux scolaires. J’éviterai ici d’indiquer des hyperliens pour ne pas encourager le vice!

Qu’il soit question de téléchargement de musique ou de respect des droits d’auteurs lors de la réalisation de travaux scolaires, un travail de sensibilisation aux questions d’éthique doit nécessairement être fait. Mais par qui? L’école? Les parents? La société?

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Les jeunes sont-ils plus intelligents que nous?

18 janvier 2010 par Philippe Aubé

Lors d’une conférence, le philosophe français Michel Serre traite de la révolution culturelle et cognitive engendrée par les nouvelles technologies. Selon lui, les nouvelles technologies changeront autant le monde que l’ont fait l’écriture et l’imprimerie. Ces révolutions majeures ont contribuées à la perte d’une partie de la faculté de mémoriser de l’être humain. Pour le philosophe français, l’avènement des nouvelles technologies nous obligera à devenir intelligents, à être créatifs.

 

Source : http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive

Lorsque l’on fait le parallèle avec ce qui se passe de nos jours dans le secteur de l’éducation, nous constatons que les institutions d’enseignement possèdent d’intéressantes technologies, mais font-elles preuve d’imagination ? A-t-on encore besoin de faire mémoriser des tas de connaissances aux étudiants qui auront accès, sur le marché du travail, non seulement à des manuels de référence, mais également à de nombreuses ressources en ligne et à leur réseau social ? Peut-on accorder moins de temps à la transmission de savoirs en classe au profit du temps pour la pratique ?

 

N’hésitez pas à partager votre avis avec moi en laissant un commentaire.

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Enquête Génération C : que doit-on retenir ?

14 décembre 2009 par Philippe Aubé

Le 4 décembre 2009, le CEFRIO a mis en ligne son rapport de l’enquête sur la génération C. Rappelons que l’enquête menée auprès de plus de 2000 jeunes visait à décrire l’usage que font les jeunes des technologies et de dresser un portrait des 12 à 24 ans comme étudiants, comme consommateurs, comme travailleurs et comme citoyens.

Utilisateurs des TI : des technologies omniprésentes!

Ce n’est pas vraiment une surprise d’apprendre que les jeunes sont « full technos »! Chez les 12 à 17 ans, 79 % possèdent personnellement un ordinateur, 65 % ont une console de jeu et 89 % se promènent avec un lecteur mp3. Ces statistiques sont comparables aux Américains du même âge. Toutefois, les C québécois sont moins nombreux à posséder un téléphone cellulaire (39 % contre 71 % pour les jeunes Américains).

L’enquête nous apprend également que les filles et les garçons n’utilisent pas Internet aux mêmes fins. Tandis que les filles sont plus nombreuses à utiliser le courrier électronique ainsi qu’à écrire et à commenter des blogues, les garçons passent davantage de temps en ligne à jouer à des jeux, à effectuer des achats et à regarder des films.

Nous constatons aussi que l’utilisation que les jeunes font d’Internet est à géométrie variable. Le tiers des jeunes   que nous pouvons qualifier de grands utilisateurs   utilisent Internet plus de 20 heures par semaine. Le groupe des grands utilisateurs est surtout composé de garçons et de jeunes de 18 à 24 ans. À l’opposé, le groupe des petits utilisateurs est davantage composé de filles et de jeunes de 12 à 17 ans.

Étudiants : l’ordinateur et Internet très utilisés… hors classe


La quasi-totalité des jeunes (95 %) utilisent Internet dans le cadre de leurs études. Pour la réalisation de leurs travaux, c’est également du côté d’Internet que les jeunes se tournent. Seulement 6 % des jeunes réfèrent surtout aux documents papier pour la réalisation de travaux.

Certes, l’ordinateur est fortement utilisé à la maison, mais il est relativement peu utilisé en classe. Seulement 21 % des jeunes déclarent que la plupart des enseignants font utiliser un ordinateur durant les cours. Nous remarquons que c’est au collégial que l’utilisation de l’ordinateur en classe est la plus importante, possiblement en raison des ressources disponibles : conseillers pédagogiques TIC, Réseau des répondantes et des répondants TIC (REPTIC), Centre collégial de développement de matériel didactique et Profweb, pour ne nommer que ceux-là.

Par ailleurs, mentionnons que seulement un peu plus du tiers (35 %) des jeunes étudiants estiment que la plupart de leurs enseignants sont en mesure de les aider à acquérir les connaissances désirées en matière de technologies.

Consommateurs : des billets de spectacles, des vêtements et de la musique


Près de la moitié (49 %) des jeunes de 16 à 24 ans ont fait des achats sur Internet lors des trois moins précédant l’enquête. Plus encore, ce sont 68 % des grands utilisateurs d’Internet qui font des achats en ligne. Billets de spectacle, vêtements, bijoux et accessoires, musique et matériel d’ordinateurs sont les principaux achats que font les jeunes. Le principal motif pour acheter en ligne est l’espérance de payer moins cher et de pouvoir plus facilement comparer les prix. Mentionnons que le prix est aussi présent comme critère de choix pour un commerce en ligne en compagnie de la clarté des conditions d’achat.

Lorsqu’ils préparent un achat en ligne, les jeunes font d’abord confiance à un ami ou à une connaissance (60 %) qui a essayé le produit, puis à leurs parents (26 %). Les jeunes font très peu confiance à l’opinion d’inconnus qui s’expriment dans des forums de discussion.

Travailleurs : stabilité, salaire et flexibilité SVP!


Les jeunes « C » ne sont pas très différents des jeunes des générations précédentes en ce qui a trait aux critères de sélection d’un employeur. Ainsi, ils recherchent d’abord un emploi stable (51 %), un emploi bien rémunéré (42 %) et un emploi flexible aux plans de l’horaire et du lieu de travail (40 %).

Le type de carrière envisagée ressemble aussi à celui des générations précédentes. La fonction publique attire 37 % des jeunes contre 26 % pour le secteur privé et 15 % pour les carrières comme travailleur autonome. Le privé et le travail autonome sont toutefois plus populaires auprès des garçons et des grands utilisateurs d’Internet.

Citoyens : la technologie pour favoriser l’implication

Il semble que l’utilisation d’Internet ne se fait pas au détriment de l’implication civique. Les grands utilisateurs ne sont pas moins nombreux à ne pas s’impliquer dans des causes universelles ou locales.

Par ailleurs, parmi les jeunes qui ne votent pas chaque fois qu’ils pourraient le faire (46 %), que se soit aux élections municipales, provinciales ou fédérales, 72 % disent qu’ils voteraient plus souvent s’ils pouvaient le faire sur Internet avec un ordinateur ou un téléphone cellulaire.

Les enjeux : de beaux défis pour les organisations

L’enquête sur la génération C aura permis de vérifier que les jeunes sont de grands utilisateurs des technologies de l’information. Cependant, l’enquête nous a aussi appris que ce ne sont pas tous les jeunes qui utilisent Internet et les technologies avec la même intensité. Les organisations feront donc face à divers défis, notamment celui d’enseigner, de communiquer et d’intégrer des jeunes qui auront des aptitudes différentes avec les technologies. Les technologies pourront permettre aux organisations de répondre aux attentes des jeunes étudiants, travailleurs, consommateurs et citoyens, pour celles qui auront pris le temps d’apprivoiser ces technologies et de les utiliser à bon escient.

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Ah les jeunes…

27 septembre 2009 par Félix Gingras Genest

…ils ne sont pas informés et inactifs dans la société! Peu connaissants, même. Ils ne s’intéressent pas aux enjeux et à l’actualité. Ils parlent mal et maganent leur français.

Ernesto Che Guevara a dit « un pueblo que no sabe leer ni escribir es un pueblo fácilmente manipulable », ce qui veut dire, dans mon livre à moi, qu’un peuple éduqué et savant est un peuple fort.

Les jeunes d’aujourd’hui sont les adultes de demain, ça on se le répète éperdument de la Chambre d’Assemblée jusque sur le Web. Mais est-ce vrai que les jeunes sont si mauvais citoyens, qu’ils sont peu connaissants en général, qu’ils ne s’intéressent pas à l’actualité et qu’ils sont désintéressés de leur langue?

Voyons cela.

Rappelons que plusieurs théories, dont celle qui sera défendue par Marie-Éva de Villers ce lundi à la radio de Radio-Canada à l’émission Ados-Radio dès 19 h 30, affirment qu’il est faux de croire que les jeunes maganent plus le français que leurs parents au même âge.

De plus, même si je sais qu’il est très troll de dire ça comme ça, je soutiens que je suis plus « citoyen actif » que 60 % des Québécois adultes. Rappelons notamment que le taux de participation aux dernières élections provinciales : 57,3 %.

Mon prof d’histoire, en début d’année, nous annonçait qu’on ferait un peu d’actualité à chaque début de cours. Cool. Mais comment il nous disait ça, c’était comme si personne dans la classe ne lisait le journal, comme si personne ne savait ce qui s’était passé dans les dernières semaines ailleurs que dans nos ptites vies à chacun. Personnellement je l’ai pris avec des sourcils froncés… car je sais pertinemment que comment ça a été dit ça ne reflète pas la réalité. Note : il est bien gentil quand-même, mon prof ;-)

En général, de toute façon, c’est toujours la même chose : ce n’est pas *tous* les individus de la génération de mon père qui aimait le rock, ce n’est pas *toutes* les personnes des années 1950 qui n’avaient jamais vu un ordinateur de leur vie, et c’est encore moins *tout* le monde dans la génération C qui fait partie du stéréotype énoncé dans le haut de cette note. Dire ça, et on sait que plusieurs le pensent vraiment, c’est de généraliser. Ce qu’il ne faut absolument pas faire, peu importe l’époque ou le lieux qu’on décrit.

Mais là reste à voir les connaissances. C’est ce que je propose de voir. J’ai interrogé quatre personnes d’un même milieu, la maison des jeunes de mon quartier. Deux jeunes, deux adultes.

La personne #1 est animatrice-intervenante et ne vie à Québec que depuis quelques mois. La personne #2 est une jeune de 15 ans. La personne #3 est stagiaire en travail social. La personne #4, finalement, a 14 ans.

Dans le monde, que ce soit aujourd’hui ou plus loin dans notre histoire, il y a des gens qui sont influents ou qui ont accompli de grandes choses. J’en ai identifié onze, vite comme ça, et j’ai demandé à ces quatre personnes de me dire qui ils étaient. Voyez les résultats :

Personne #1

Personne #2

Personne #3

Personne #4

Stephen Harper oui! oui! oui! oui!
Gérald Tremblay non! oui! non! oui!
Andrée Boucher non! oui! oui! oui!
Régis Labeaume oui! oui! oui! oui!
Jack Layton oui! oui! non! non!
Ban Ki-moon non! non! non! non!
Dmitri Medvedev non! non! non! non!
Dalaï-lama non! oui! non! non!
Harvey Milk non! oui! non! non!
Alexandre Mackenzie non! non! non! non!
Louis Riel non! oui! non! non!

SCORE (sur 11)

3

8

3

4

SCORE (sur 100)

27

73

27

36

On remarque une chose : les jeunes ont eu des meilleurs scores. Ces observation aurait très bien pu être différente, je crois, dépendamment si j’avais testé ma maisonnée ou des gens à l’école.

On remarque que juste la personne #2 a eu plus de 50 %. L’autre jeune, autant que les deux adultes, ont eu un gros flop. Hypothèse : une majorité de la société est peu informée et peu savante en général. Je crois en cette hypothèse. C’est con, hein? Mais oui, je suis déçu des Québécois et des Canadiens sur ce point.

Expliquez-moi en clair comment fonctionne le parlement. Le Québec fait-il constitutionnellement partie du Canada? Qui ont été les cinq derniers premiers-ministres du Québec? du Canada? Combien y a-t-il de personnes au Canada?… Celle là je peux accepter que certaines personnes ne puissent pas répondre, quoi que si c’est votre cas sachez que moi, à 15 ans, je sais ça.

Mais regardez bien ces deux vidéos. C’est l’humoriste Guy Nantel qui part dans les rues du Québec et qui interroge DU VRAI MONDE sans trucage aucun.

À pleurer. C’est sûr, que ça c’est l’extrême. C’est sûr qu’il en a coupé des bons au montage. Mais ces gens-là existent quand-même. Et si on recule les exigences juste un peu, en dessous de l’extrême présenté dans les vidéos, c’est là que le bassin se trouve. Le Québec, une société molle, politiquement endormie, peu informée, peu impliquée? Cela changera-t-il avec la Génération C? Est-ce que je fais complètement fausse route dans mon point de vue?

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