L’utilisation d’Internet par les jeunes de tous les niveaux scolaires a fait un bond surprenant au cours des dernières décennies. Cette croissance spectaculaire est attribuable à une série de facteurs; la connexion des écoles publiques à la Toile depuis 1999, l’accessibilité des outils informatiques à la maison, une connexion Internet de plus en plus rapide et l’avènement des téléphones mobiles intelligents et autres gadgets techno.
De nos jours, une proportion non négligeable des enfants, adolescents et jeunes adultes sont devenus de grands utilisateurs d’Internet. Le tiers des 12-24 ans y consacrent d’ailleurs plus de 20 heures par semaine. L’usage qu’ils en font est des plus diversifiés : recherche d’information pour usage personnel ou pour les travaux scolaires, envoi de courriels, visite de réseaux sociaux, téléchargement de vidéos et de musique, clavardage, transactions bancaires, etc. En bref, plusieurs jeunes créent et collaborent sur le Web, mais la plupart d’entre eux s’en servent d’abord et avant tout pour communiquer.
Si on demandait aux jeunes comment Internet a changé leur vie, fort est à parier qu’ils ne sauraient quoi répondre. À l’opposé des générations précédentes, Internet fait partie intégrante de leur vie quotidienne. Ils évoluent depuis leur enfance dans un milieu où la technologie est accessible et omniprésente. Mais pour eux, la ligne est-elle toujours claire entre le monde réel et le cyberespace?
Le cyberespace est devenu un espace social. C’est souvent à cet endroit que les jeunes se rendent pour socialiser et rester en contact. Bien entendu, les sites de réseautages offrent l’avantage de rassembler les gens de tous les horizons, de tous les intérêts. Des sites comme Facebook offrent également la possibilité à ses utilisateurs d’embrasser une cause, de créer une page et de recruter des participants engagés. Plusieurs le font, et le taux de réponse est parfois surprenant. Il est assurément facile de supporter une cause en cliquant simplement sur « oui, j’accepte ». Mais concrètement, sur le terrain, que se passe-t-il? Est-ce que cet engagement virtuel dépasse les limites d’Internet?
Avec des jeunes qui consacrent autant de temps au Web, nous sommes en droit de nous demander ce qu’il advient de leur implication sociale. Il semble que nous sommes maintenant loin des grands débats, des mouvements étudiants contestataires, de la désobéissance civile pour démontrer l’appui à une cause. Serions-nous tout simplement passés à une autre ère? L’avenir de l’implication sociale se trouve-t-elle sur la Toile? Même si les grands utilisateurs d’Internet demeurent les plus impliqués, force est de constater que la plupart des « C » ne donnent pas leur opinion sur les enjeux sociopolitiques, et ne font pas plus via le Web. Mais qu’en est-il de leurs aînés? Sont-ils un réel modèle d’implication sociale?
Quand vient le temps de passer aux urnes, la moitié des jeunes adultes (18 à 24 ans) ne votent pas chaque fois qu’ils en auraient l’occasion. Pourtant, ils avouent qu’ils le feraient volontiers si le bulletin de vote se trouvait à un simple clic. 72 % d’entre eux voteraient plus souvent s’ils pouvaient le faire en ligne. Avec un taux de participation général d’environ 60 % aux dernières élections provinciales, tout porte à croire que le vote électronique pourrait constituer une piste de solution intéressante pour favoriser l’électorat.
Les jeunes l’admettent; ils s’impliquent peu, ou pas. Dans une société moderne souvent qualifiée d’individualiste, l’implication sociale, bien que considérée comme importante, vient bien au bas de la liste des priorités pour certains. L’étude sur la génération C relève que plus de 50 % des 12 à 24 ans ne s’implique pas civiquement. Même si certains le font -par plaisir ou par obligation- il semble que les jeunes soient tout simplement moins enclins que leurs aînés à s’impliquer socialement. Pourtant, ils ont à leur portée une multitude d’outils qui leur permettraient de devenir des véritables moteurs de transformations. Préfèreraient-ils carrément le rôle de spectateur à celui d’acteur?
Quelles adaptations seront-elles nécessaires pour transformer ces jeunes citoyens virtuels en personnes engagées dans leur milieu? Ou devons-nous simplement l’admettre; l’intérêt pour l’implication sociale augmente naturellement avec l’âge?
Aux jeunes, à vous la parole!
VN:F [1.8.1_1037]
Rating: 4.3/5 (3 votes cast)