Travaux scolaires : l’intégrité des « C » remise en question ?
2 juin 2010 par Isabelle RoyEn cette fin d’année scolaire et période de correction pour les professeurs, le spectre du manque d’intégrité des travaux refait surface. Depuis déjà plusieurs années, les enseignants québécois font face à un nouveau fléau; le plagiat électronique. Avec l’avènement des technologies de l’information, une foule de ressources informationnelles sont maintenant disponibles sur le Web et, malheureusement, l’information qui y est recueillie n’est pas toujours citée.
Le plagiat, c’est quoi ?
Plusieurs diront qu’ils le font pour s’inspirer, qu’un petit mot emprunté ici et là, ce n’est pas bien grave après tout. Et puis, les notes de bas de page, c’est compliqué pour rien, non ?
En bien oui, il semble que le plagiat soit plus que sous-estimé par nos « C ».
Dans le milieu scolaire, le plagiat c’est « présenter des phrases, des textes ou un travail empruntés à autrui sans mention des emprunts (citations, sources des citation, origines du travail), comme s’il s’agissait d’un travail personnel. Il y a aussi plagiat lorsque l’emprunt concerne des données, des tableaux, des graphiques, des images, etc. »
Les deux types de plagiat
Le plagiat électronique se manifeste sous deux formes : le copier-coller et l’achat de travaux scolaires.
La première forme est la plus courante. Considérant que plus de 91% des jeunes de la génération C ont recours à un ordinateur pour la réalisation de leurs travaux scolaires et que ces mêmes jeunes passent plus de 20 heures par semaine sur Internet, il est raisonnable de croire que l’utilisation des fonctions « copier » et « coller » est ainsi facilitée.
Par ailleurs, il n’est pas toujours clair pour les étudiants que la traduction d’un texte, ou l’insertion d’une image cueillie sur Internet constitue une violation des droits d’auteur.
D’autres étudiants, plutôt que « d’emprunter » au Web, se tournent vers l’achat de travaux clés en main sur Internet. Phénomène très répandu aux États-Unis et en France, il gagne du terrain au Québec.
En France, par exemple, une étude démontre que 78% des étudiants déclarent avoir recours au copier-coller, et que 15% confessent l’achat de travaux sur le net.
Effectivement, certains sites Web que nous ne nommerons pas vont même jusqu’à vendre des notes et des travaux longs par sujets. Dissertations, résumés, bibliographies, travaux personnalisés, tout y est, même les fautes pour écarter les soupçons ! Les prix varient mais sont suffisamment accessibles pour devenir une option plus qu’intéressante pour les élèves en mal d’inspiration.
Qu’est-ce qui incite les étudiants à plagier ?
Il est difficile d’expliquer avec certitude pourquoi les jeunes copient du Net. L’accessibilité à l’information semble en être un facteur déterminant. Difficile de résister à la tentation, particulièrement lorsqu’on sait que la majorité des tricheurs ne se font pas prendre! En effet, une enquête réalisée auprès de 300 étudiants français démontre que 95% des tricheurs ne se sont jamais fait prendre. De quoi vouloir récidiver !
Manque de temps ou d’inspiration, paresse, méconnaissance du sujet, facilité d’obtention de l’information, pression ou compétition, horaires trop chargés, les raisons qui motivent le plagiat sont aussi nombreuses que les sujets disponibles sur les sites « d’aide académique ».
Comment dissuader le plagiat?
Les intervenants du monde scolaire sont de plus sensibilisés à cette nouvelle réalité et passent maintenant en mode solution.
Nicole Perrault, animatrice du Réseau des répondants TIC de la Fédération des cégeps s’intéresse au sujet depuis quelques années et est devenue une référence incontournable dans le domaine du plagiat électronique. Elle propose des pistes de solutions intéressantes aux enseignants pour réduire le plagiat.
Elle recommande aux enseignants d’être plus spécifiques dans l’identification des sujets, d’utiliser des méthodes d’évaluation variées et de créer le doute au sein de la classe sur les capacités technologiques du professeur. Certaines institutions scolaires ont aussi recours au contrat de non-plagiat, élément dissuasif, surtout accompagné de l’identification de conséquences et sanctions en cas de fraude. En outre, madame Perrault prône également la formation des étudiants en méthodologie, car les personnes recevant une telle formation sont sensibilisées à l’éthique et moins susceptibles de plagier.
Qu’il soit intentionnel ou non, le plagiat demeure un acte répréhensible.
Très répandu au sein du monde scolaire, il gagne du terrain dans une foule de domaines car, détrompez-vous, le plagiat électronique n’appartient pas qu’aux « C ». De plus en plus de travailleurs, d’enseignants et même de chercheurs sont tentés d’aller se servir dans cette « mer d’information ».
Et vous…
- Vous-êtes-vous déjà approprié du contenu Web en prétendant que c’était le vôtre ?
- Avez-vous toujours cité vos sources lors de la réalisation de vos travaux scolaires ?
- Avez-vous déjà remis la même copie de vos travaux scolaires à différents enseignants ?
- Avez-vous déjà utilisé de l’information provenant de vos amis (travaux ou courriels) en prétendant en être l’auteur ?
- Vous êtes-vous déjà fait prendre à tricher ?
